15 Mai 2018

Aidant, l’indispensable droit au répit

Pour continuer à prendre soin de la personne que l’on aide au quotidien, il est important de ne pas négliger sa propre santé physique et psychologique. S’octroyer un temps pour soi, un espace de liberté pour souffler…, ce droit au répit est aujourd’hui plébiscité par de nombreux proches aidants familiaux notamment.

Eviter l’épuisement pour mieux accompagner en tant qu’aidant

Prendre soin de soi pour prendre soin des autres… Un credo parfois difficile à mettre en pratique, mais au combien essentiel lorsque l’on est amené à porter une attention constante à un proche âgé ou en situation de dépendance. A l’heure actuelle, la moitié des aidants naturels vivent avec la personne aidée : conjoint, parent… Soins, repas, tâches domestiques, gestion administrative… la charge qui incombe au proche aidant devient parfois un véritable sacerdoce, syndrome de fatigue morale et physique.

Aujourd’hui, près d’un aidant sur deux souffre d’une maladie chronique. 29 % des personnes aidantes déclarent consommer des anxiolytiques, anti-dépresseurs ou somnifères… Et pourtant, pour tenir sur la durée et préserver sa santé, il est indispensable d’apprendre à ne pas s’oublier. Sans quoi gare à l’épuisement !

 

Faire de « vraies pauses » dans son quotidien d’aidant

Sébastien a 50 ans. Il est en couple et père d’un adolescent de 13 ans.

« Mathilde, ma femme, a eu un AVC il y a deux ans. Passé le pic de stress et d’inquiétude face à l’urgence de l’AVC, il y a une période qui suit où je n’ai fait que courir : courir pour mettre en place des aides pour le quotidien de Mathilde, courir pour prendre les rendez-vous de rééducation, courir pour le suivi scolaire de notre fils, courir aux rendez-vous professionnels ! Au bout de deux mois, je me suis effondré d’épuisement. Depuis, j’ai appris à faire de vraies pauses pour me ressourcer. »

Ce précieux temps pour soi peut se décliner à l’infini, selon ses humeurs et ses besoins du moment : repas entre amis, sport, sieste, jardinage, bricolage… Et pourquoi pas des vacances ?

 

Les solutions de répit pour soulager l’aidant

En 2015, la loi d’adaptation de la société au vieillissement accorde en effet aux proches aidants un droit au répit octroyé dans la limite de 500 €/an. Cette mesure peut être mise en place à partir du moment où le plafond du plan d’aide APA* de la personne aidée est atteint.

Concrètement, de nombreux dispositifs de « relais » peuvent être proposés pour soulager le proche aidant :

  • Des aides à domicile organisées par des structures de relais grâce à l’intervention de professionnels sur l’ensemble des tâches de la vie quotidienne. Une solution pratique pour soulager le proche aidant mais à un coût non négligeable.
  • L’accueil de jour en Ehpad ou au sein d’un service indépendant, pour une ou plusieurs journées par semaine assure une solution de répit régulière et rassurante à la personne aidante.
  • L’accueil temporaire au sein de résidences séniors ou d’Ehpad se multiplie. Ce dispositif propose généralement des hébergements temporaires d’une semaine à trois mois, pendant les vacances de l’aidant ou en cas d’hospitalisation… Le site accueil-temporaire.com répertorie les places disponibles partout en France.

Ces solutions encore peu connues gagnent néanmoins du terrain. Elles assurent aux personnes aidantes une occasion de souffler et de se ressourcer. Un espace de liberté qu’il faut désormais apprivoiser et savourer sans culpabilité afin que l’aidant ne craque pas.

 

* Qu’est-ce que l’APA ?

L’Allocation personnalisée d’autonomie est une allocation destinée aux personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie. Il n’y pas de conditions de revenus pour bénéficier de l’APA, même si le montant attribué dépend du niveau de revenus de la personne en situation de dépendance (au-delà d’un certain niveau de revenus, une participation progressive sera demandée).

Il existe deux types d’aide :

  • L’APA à domicile : soutien financier pour un maintien à domicile malgré la perte d’autonomie.
  • L’APA en établissement : soutien financier pour l’aide et l’accompagnement liés à la dépendance en établissement (tarif dépendance).

Plus d’informations et de nombreux conseils pratiques à retrouver dans le Guide de l’aidant, disponible en téléchargement.

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