17 Déc 2019

Diabétique, et alors ?

Première cause de mortalité dans le monde, le diabète possède le double vice d’être une maladie sans symptôme dont la guérison se fait encore attendre. Si aujourd’hui de nombreuses avancées permettent aux diabétiques de bien vivre leur maladie, beaucoup s’ignorent encore.

De quoi parle-t-on ?

Le diabète n’est pas une maladie que l’on attrape (à l’instar d’un virus) mais que l’on développe. Produite par le pancréas, l’insuline censée réguler la quantité de sucre stockée dans l’organisme ne remplit plus sa fonction d’assimilation. Conséquence, un excès de glucose dans le sang pouvant entraîner de graves lésions sur certaines parties du corps : yeux, reins, cœur, nerfs… Malheureusement souvent prise à la légère, cette maladie peut insidieusement devenir dangereuse voire mortelle, si rien n’est fait pour la maîtriser. Aujourd’hui, on ne guérit pas du diabète, quel que soit son type. Lire notre article sur le sujet. Des traitements de plus en plus efficaces associés à une bonne hygiène de vie assurent néanmoins une stabilité de la maladie durant toute une vie.

Être diabétique sans le savoir

Selon une étude de l’Institut de Veille Sanitaire, 5% de la population était considérée comme diabétique en France en 2015, soit quelques 3,5 millions de personnes. La réalité serait quelque peu différente, si l’on tient compte des malades qui s’ignorent encore. Selon les spécialistes, environ 700 000 personnes souffriraient de diabète sans le savoir. Car bien souvent, cette maladie, diagnostiquée à l’occasion d’une complication ou par hasard lors d’un examen, s’est en fait développée 5 à 10 ans plus tôt. Silencieux, indolore, le diabète peut ainsi passer longtemps inaperçu. Identifié tardivement, il fait alors l’objet d’un traitement qui peut s’avérer lourd selon son degré de complication : infarctus, difficulté rénale, ophtalmologique… Si les symptômes se manifestent de manière évidente en cas de de diabète de type 1 (soif intense, besoin permanent d’uriner, fatigue chronique…), il n’en est pas de même pour le type 2 qui reste discret plus longtemps. A noter, quelques signes avant-coureurs qui peuvent, sinon alerter, du moins sensibiliser les personnes dites à risque :

  • L’hérédité qui augmente significativement le risque de développer un diabète dans sa vie ;
  • Le surpoids et la sédentarité qui, associés à une hygiène de vie « débridée » (alcool, tabac…), sont un terrain de prédilection pour le diabète de type 2.

Quoi de neuf docteur ?

L’enjeu N°1 pour une personne diabétique : stabiliser sa glycémie ! Pour cela, et notamment pour les personnes insulino-dépendantes, il est nécessaire d’effectuer quotidiennement des contrôles de leur taux de glucose (6 fois par jour minimum pour un diabétique de type 1).

Depuis 2018, des glucomètres sans piqûre ont investi le marché, diminuant considérablement la contrainte de la prise de sang par lecteur à aiguilles. Grâce à un capteur de la taille d’une pièce de monnaie posée sur la partie supérieure de son bras, le malade peut à tout moment connaître son taux de glucose. Ce dispositif de mesure en continu peut être gardé sur soi à tout moment de la journée (sport, douche, sommeil…), tout en fournissant un historique de la personne pouvant aller jusqu’à 90 jours. Outre l’arrivée du lecteur de glycémie sans contact depuis 2018, les personnes atteintes de diabète de type 1 pourront bientôt bénéficier d’un dispositif capable de réguler la quantité d’insuline qui leur est nécessaire… Sans intervention humaine ! Ce pancréas artificiel doté d’une intelligence artificielle est constitué d’une pompe sous forme de patch et d’un capteur, le tout relié à un smartphone personnalisé qui est en mesure d’adapter automatiquement la dose d’insuline nécessaire au patient. Le remboursement de cet appareil par la Sécurité Sociale est en cours. De quoi révolutionner la vie de quelques 300 000 diabétiques en France encore sous le joug des piqûres d’insulines quotidiennes.

Pensez au dépistage !

Pour se faire dépister, rien de plus simple : une prise de sang à jeun permet de mesurer son taux de glycémie. Si le test est négatif, il est recommandé de renouveler le dépistage tous les 3 ans pour les personnes à risque (tous les ans, s’il y a plus d’un facteur de risque): hérédité, manque d’activité physique, hypertension, cholestérol, antécédents de diabète gestationnel… Quoiqu’il en soit, pensez à contrôler votre glycémie quel que soit votre profil, notamment après 45 ans.

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